Le maïs

Le fumier était transporté au champ dans le tombereau tiré par une paire de vaches et étendu à la fourche. Le champ était labouré au brabant tiré par 2 paires de vaches.

La terre était ameublie par la herse et le rouleau, toujours tirés par une paire de vaches. Le maïs était semé avec un semoir équipé de 3 trémies qui, grâce à 2 roues dentées actionnant des bobines, laissaient tomber les grains à intervalles réguliers dans des sillons creusés par 3 coutres d'enterrage. Dans les champs très en pente, les paysans semaient le maïs de haut en bas, le semoir à roue centrale et à deux trémies étant tiré par un âne ou par le paysan lui-même, un aide tenant les mancherons.Le semoir était remonté sur le dos en haut du champ. De-ci, de-là, des haricots étaient semés à la main dans quelques lignes de maïs qui servirait de rames.
Après la levée, il fallait ressemer des grains à la main dans les rangées où il y avait des manques. Quand le maïs avait une vingtaine de cm de hauteur, il fallait sarcler avec la "rasère" pour arracher les mauvaises herbes. Il fallait aussi éclaircir les lignes à la main, puis "chausser" les rangées avec le butoir tiré par une paire de vaches. Quand la fleur était fanée, il fallait, au couteau, couper la cime du maïs au-dessus de l'épi (écimer) et en faire des brassées qui étaient déposées au bord du champ. Une partie des cimes étaient immédiatement données aux vaches, à l'étable. L'autre partie était mise à sécher puis rangée au fenil. En septembre, les haricots étaient cueillis et mis à sécher. En octobre, quand les épis étaient mûrs, ils étaient arrachés et jetés à terre pour former de grands tas. On en remplissaient des paniers (les tistets milhouquets) qui étaient déchargés dans des tombereaux transportés dans la grange.
Venait ensuite le temps des "dépouillères", veillées joyeuses et laborieuses au cours desquelles, à la lueur de la lampe-tempête, famille et voisins, chacun assis sur des bancs et armé d'un poinçon en bois (pountchou) séparait les spathes de l'épi. Celles-ci étaient jetées derrière soi et l'épi dans un grand panier, "le tistet milhouquet" qui était vidé dans le grenier de la maison.
Quand la récolte était abondante ou le grenier trop petit, il fallait laisser quelques spathes aux épis pour en faire des tresses qui étaient ensuite suspendues au grenier ou à la galerie.Vers minuit, une collation composée de pommes, de noix, de châtaignes et de cidre clôturait la veillée. Fin novembre, ce qui restait des tiges de maïs après le pasage des vaches dans le champ, était fauché à la faux, ramassé au râteau et transporté dans des chariots dans la grange pour servir de litière au bétail avec fougères et feuilles de châtaigniers. Au fur et à mesure des besoins, le maïs était égrené à la planche ferrée ou munie d'une baïonnette, et plus tard, à l'égrenoir manuel.
Retour à la page d'accueil